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   Velo’v, Velib’ : des Vepub’
Vélo’v : l’envers du décor

Texte écrit par Stéphane Publié dans la revue "Opinion sur rue" et le vendredi 20 janvier 2006 sur rebellyon.info

La signature du contrat entre le Grand Lyon et Decaux entraîne une augmentation considérable du nombre de panneaux publicitaires en ville. Un phénomène inquiétant quand on sait que la pub véhicule un modèle de société basée sur le tout automobile. Les pouvoirs publics n’auraient-ils pas dû s’impliquer financièrement plutôt que de confier le marché à un publicitaire ? La réponse est dans la question...

Commençons par quelques chiffres. En novembre 2004, le Grand Lyon signe un contrat avec la société JCDecaux qui prévoit la mise en place « gratuite » de 4 000 vélo’v d’ici 2008. En contrepartie, JCDecaux se voit attribuer le marché du mobilier urbain pour 13 ans. Vélo’v à peine lancé, les travaux commencent. D’ici l’été 2006, JCDecaux aura remplacé les 1 365 abribus existants et créé 835 nouveaux, sachant que la plupart de ces abribus comportent des panneaux publicitaires. 536 Mupi (mobiliers urbains d’information) sont également en cours de remplacement et 64 nouveaux (dont 5 de 8 m2 !) vont être installés à Lyon et Villeurbanne. Ces « sucettes », comme on les appelle dans le jargon, comportent une face de communication institutionnelle et une autre publicitaire. Voilà donc le prix de Vélo’v. L’opération est entièrement financée par la publicité. Et cela aurait pu être pire. À l’origine, le large carénage rouge des vélo’v avait été envisagé comme support d’espace de pub !

(JPG)

Avec ce contrat, le contribuable n’a pas à payer Vélo’v de sa poche et certains s’en réjouissent. Nicolas Igersheim, président de La Ville à Vélo, précise qu’à tout prendre, il vaut mieux un panneau de pub qu’un 4 x 4. Et souligne ironiquement que Vélo’v est payé en partie par les constructeurs automobiles qui communiquent largement sur les abribus... Les plus radicaux, comme l’association Casseurs de Pub, contestent au contraire avec fermeté cette nouvelle pollution visuelle de notre espace public, alors que la tendance est à la diminution du nombre de panneaux de pub dans d’autres villes françaises. À Pignon sur Rue, on s’inquiète aussi. La publicité est en effet à la base de la société automobile, alors que le vélo véhicule plutôt une image de simplicité et de sobriété. Rouler à bicyclette, c’est résister au lavage de cerveau proposé par la pub.

De son côté, JCDecaux se frotte les mains. La société se refuse à parler chiffres, mais on peut légitimement penser que l’argent généré par la pub sur 13 ans couvrira plus que largement les frais d’installation et la redevance reversée au Grand Lyon pour occupation du domaine public. Combien coûte réellement Vélo’v ? Aucun chiffre n’est clairement avancé. Le service est « offert » par JCDecaux qui gère en échange comme il l’entend ses panneaux de pub et pourrait bien investir de nouveaux marchés en déclinant Vélo’v à l’étranger. Quant aux politiques, ils voient là une occasion de communiquer sans frais sur les fameux déplacements doux...

C’est là que le bât blesse. Puisque Vélo’v est un succès dont on parle dans le monde entier et que l’exemple lyonnais pourrait faire des émules dans plusieurs villes européennes, pourquoi le Grand Lyon n’a-t-il pas décidé d’investir directement de l’argent public plutôt que de se retrouver pieds et poings liés au marché publicitaire ? Puisque le vélo est désormais reconnu comme un moyen de déplacement à part entière, pourquoi l’argent public ne servirait-il pas à le financer, comme c’est le cas pour les lignes de métro ou de bus ? Les autorités, si sensibles à l’image qu’elles donnent de leur agglomération, en sortiraient à coup sûr grandies.

Stéphane

Publié dans la revue "Opinion sur rue" et le vendredi 20 janvier 2006 sur rebellyon.info. Repris avec l’autorisation de l’auteur.



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